À propos de Jago

QUI EST JAGO GEERTS?

Jago Geerts est né le 21 avril 2000, à Geel en Belgique. Il a grandi comme fils d’Arlette Geerts et Herman Gevers, à Balen dans la région de Campine, qui a été mise sur la carte mondiale dans les années ‘80 et ’90 grâce au quintuple Champion du Monde motocross, Eric « The Kid » Geboers.

Dès son enfance les motos faisaient partie de la vie de Jago avec un père qui passait ses journées du matin au soir à bricoler à des motos de motocross. L’atelier de son père était comme un terrain de jeu pour le petit Jago qui imitait les héros de cette époque, sur son premier vélo.  Son père, lui aussi un pilote de motocross talentueux dans sa jeunesse, est devenu un mécanicien de haut niveau au sein de la célèbre équipe d’usine Suzuki de Sylvain Geboers dans les années 1980, 1990 et 2000. Lorsque Jago est né, Herman a décidé de mettre un terme à la vie mouvementée qu’il avait menée ces dernières décennies. Jago n’a donc pas vraiment connu les années de gloire de son père. Pourtant, Jago a dû hériter le virus du motocross dès sa naissance, car dès l’âge de quatre ans, il pilotait sa première petite moto dans le jardin,  une belle pelouse qui, au fil du temps, s’est parsemée de trous et de bosses, jusqu’à se transformer complètement en un mini circuit de motocross.

Appris dès le plus jeune âge

“A l’âge de 4 ans je roulais dans notre jardin sur une petite moto. Une moto de cross a toujours occupé une place particulière dans mon cœur.

Le début

Très vite, Jago fut repéré sur les pistes d’entraînement en Belgique et aux Pays-Bas. Pendant les premiers mois, il se contentait de piloter sa 65 cc  sur les mini-circuits. Vers la fin de la journée d’entraînement, quand la plupart des grosses machines s’étaient déjà arrêtées, Jago pouvait, sous l’œil attentif de ses parents, découvrir les profondes ornières et les trous. Parfois, il disparaissait avec sa petite 65 cc et ses petites roues, complètement dans les profonds trous, que les professionnels avaient fait sur le circuit. Le petit garçon affrontait sans crainte le circuit accidenté et après quelques tours il rentrait toujours chez lui avec un bon sentiment.

Il n’a donc pas fallu longtemps avant que Jago Geerts ne dépasse le niveau des mini-circuits. Il était immédiatement clair qu’il était extrêmement talentueux. Là où les meilleurs pilotes amateurs ralentissaient, le petit Geerts continuait de passer les vitesses et de contrôler l’accélérateur avec une précision rarement vue à un si jeune âge.

un diamant brut

Les experts étaient unanimes, Jago Geerts était un diamant brut qui au fil des années brillerait de plus en plus.

Parce qu’en Belgique il était interdit de participer à la compétition aux moins de 15 ans,  il a fallu se tourner vers la Fédération hollandaise, KNMV où les enfants de 12 ans pouvaient faire leurs premiers pas dans une compétition.

2012 était encore une année d’adaptation dans la catégorie 85 cc avec petites roues mais exactement une année plus tard Geerts, âgé de 13 ans, a terminé la saison comme Champion KNMV dans la catégorie 85cc grandes roues. Immédiatement un grand succès pour l’équipe Stabilo MX Team dont le jeune homme faisait partie.

Ses performances ne sont pas passées inaperçues dans le paddock, et la famille Geerts-Gevers a été contactée par Lauri Roosiorg, homme d’affaire et propriétaire de l’équipe Sahkar.

2014, 2015, 2016 en 2017 l’adolescent savait et pouvait se développer d’avantage dans les Championnats d’Europe 85 cc, 125 cc et 250 cc.

Avec un titre européen en 85cc, l’équipe estonienne Sakhar, basée à Balen, n’aurait pas pu mieux démarrer.

Avec son père fidèlement à ses côtés en tant que mécanicien, un nouveau chapitre s’ouvrit un an plus tard dans la vie du jeune étudiant, qui parvint à concilier avec brio sport de haut niveau et études. L’année 2015 fut une année d’apprentissage, marquée par des hauts et des bas, et une légère blessure lors d’un championnat d’Europe 125 cc.  Une expérience d’apprentissage qui s’est traduite quelques mois plus tard par des victoires éclatantes aux Dutch Masters, à l’EMX125 et au Championnat du monde junior. 

Devenir Champion

“Devenir Champion » cela faisait du bien mais je pensais déjà à mon prochain but.  « Faire la fête, ce n’est pas mon truc”.

Jago n’avait juste pas 17 ans quand il est passé de la catégorie 125cc à la 250cc. Avec un premier podium lors de l’épreuve EMX250 en Lettonie, un circuit qui est actuellement un de ses circuits préférés, il a aussi ici montré son talent exceptionnel. Bien que le championnat d’Europe ne soit pas encore terminé, l’équipe Sakhar a reçu une invitation ‘Wild Card’ pour Jago Geerts afin qu’il puisse découvrir le championnat du monde MX2 pour la première fois.

Depuis quelques années, il était déjà clair qu’il serait difficile pour l’équipe Sakhar,  car de plus en plus de fabricants renommés commençaient à solliciter les services de Jago Geerts.

Après avoir bien considéré toutes les propositions, il a été décidé de signer un contrat d’usine de trois années avec le fabricant japonais Yamaha. L’équipe, propriété du Belge, Hans Corvers et gérée par le manager d’équipe Marnicq Bervoets, offrait une sécurité au jeune athlète qui était encore étudiant.

“J’avais 17 ans quand j’ai signé mon contrat chez Yamaha. Mes parents ont également dû signer parce que j’étais encore mineur »

La YZ250FM d’usine était disponible en 2018 principalement pour apprendre de la concurrence féroce, sur et en dehors des circuits. Le fait que Jago ait terminé le championnat du monde FIM officiel à la 8e place peut être considéré comme exceptionnel, surtout si l’on considère qu’en même temps avec ses performances sportives de haut niveau, il a également réussi sa dernière année scolaire.

Jago a pu commencer la saison 2019 en se concentrant entièrement sur son sport et son statut d’athlète professionnel. Le pilote de l’équipe Monster Energy Kemea Yamaha est rentré de Shanghai, Chine avec la médaille bronze et une troisième place au classement final du Championnat du Monde. Sa sélection au sein de l’équipe belge, aux côtés de Kevin Strijbos et Jeremy Van Horebeek, pour sa première participation au Motocross des Nations, n’a donc rien de surprenant. Une sélection couronnée par une médaille d’argent.

Quand on réussit à terminer 3ème dans un championnat, on sait que les attentes sont sans cesse revues à la hausse et c’était également le cas pour Jago.  L’objectif pour 2020 était le titre mondial. Des courses acharnées, notamment face à son rival Tom Vialle, ont marqué toute la saison, qui a été perturbée par le virus Covid-19. Malgré six victoires de Grand Prix Geerts a terminé Vice-Champion du Monde, à la deuxième place avec un retard de 80 points.

Quelques mois avant la fin de la saison le contrat avec Monster Energy Yamaha Factory MX2 a été prolongé de deux années.

Alors que la pandémie continuait de tenir la population mondiale sous son emprise, la saison 2021 a également connu un début étrange. Avec surtout des entraînements, des tests et 2 courses sur le sol sicilien, tout le monde attendait avec impatience le début définitif du Championnat du Monde MX2.

Toute la saison 2021 a été marquée par la lutte acharnée avec son co-équipier Maxime Renaux. Geerts a roulé avec une grande régularité et des victoires de Grand Prix aux Pays-Bas, en Italie et devant ses propres supporters en Belgique, mais finalement il a dû s’incliner de justesse face au Français, qui a décroché le titre de Champion du Monde à Pietramurata en Italie. La résilience du jeune Belge était cependant phénoménale car il a réussi à gagner les deux deniers Grand Prix de la saison.

“Perdre ce titre mondial face à mon coéquipier a été un coup dur. Encaisser cette défaite alors que les gens de mon équipe, avec qui je travaillais en si étroite collaboration, et la direction de Yamaha célébraient simultanément la victoire était particulièrement amer.

Après quelques semaines de repos les batteries étaient à nouveau chargées pour entamer une nouvelle saison pleine de défis. Ces Grand Prix, extrêmement éprouvants, resteront encore longtemps gravés dans la mémoire de nombreux supporters. Avec 16 podiums, dont 6 victoires de Grand Prix sur 18 épreuves, Jago s’est heurté au Français Tom Vialle. Avec seulement 4 points d’écart, Geerts a terminé Vice-Champion du Monde MX2 pour la troisième fois.

“Après la course en Turquie j’ai laissé libre cours à mes larmes. Avoir raté de si peu la médaille d’or était terriblement injuste. Ma saison était presque parfaite, mais il manquait la cerise sur le gâteau.”

A l’âge de 22 ans le pilote de Balen a entamé la saison 2023 avec un seul but, gagner le titre mondial. Les plans avaient été élaborés dans les moindres détails, mais leur exécution ne s’est pas déroulée comme espéré, malgré 8 victoires de Grand Prix.  Une fracture de poignet encourue lors du 7ème Grand Prix de la saison à Villars Sous Ecot en France, a joué le trouble-fête car il a raté le GP de Kegums et le GP de la Suède. A nouveau Jago Geerts devait se contenter d’une deuxième place au classement final du Championnat du Monde. Durant les mois d’hiver, le livre « Roller Coaster » a été publié, illustrant magnifiquement cette saison mouvementée.

MXGP

“Yamaha a gardé toute confiance en moi et nous avons négocié un contrat jusque fin 2025. Avec un passage du MX2 au MXGP les attentes étaient très élevées”

En tant que ‘Rookie’ les supporters attendaient beaucoup de son passage, car tout le monde se souvenait encore très bien de la performance de Geerts fin 2022 lors du Motocross des Nations à RedBud, aux Etats-Unis.

Lors de la manche de qualification MXGP, il a remporté la course en reléguant l’idole américain Eli Tomac à la deuxième place, ce qui a fait grand bruit dans le paddock et dans la communauté internationale du motocross. Geerts a réalisé une performance phénoménale au guidon de sa Yamaha 450cc.

Rien au début de la saison ne semblait empêcher une année brillante. Lors des qualifications du premier Grand Prix de la saison à Villa la Angostura en Argentine, son rêve sportif a éclaté. Une lourde chute dans le premier virage causant une fracture du coude, a eu de lourdes conséquences. Des mois de rééducation ont été une véritable épreuve, redoutée par tout athlète. Avec en fin de saison quelques tentatives pour retrouver le niveau de Grand Prix,  2024 est une année à oublier rapidement.

“J’ai entamé la saison 2025 comme les saisons précédentes. Seules les victoires et les podiums comptaient. Mais malgré tous mes efforts, rien n’y faisait.

La question est revenue à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux : Jago peut-il revenir au plus haut niveau après sa grave blessure ? Les avis sont partagés. Geerts et son entourage savaient pertinemment de quoi il serait capable en 2025, mais dès le début, la collaboration a été moins harmonieuse que les années précédentes. La souplesse avec laquelle Jago pilotait la MX2 en 2023 avait disparu. Après de vaines tentatives pour retrouver la zone de confort, aucune solution ne s’est révélée efficace. Il est donc rapidement devenu évident comment les choses allaient se terminer, avec un contrat arrivant à échéance fin 2025. Une heure après la fin du MXGP des Flandres, où Geerts a été victime d’une terrible chute lors de la première manche, il a été clairement annoncé qu’il n’y aurait pas de place pour le numéro 93 au sein du Monster Energy Yamaha MXGP Factory Team en 2026.

“Deux saisons ratées d’affilée ont fait fondre comme neige au soleil, la confiance de Yamaha en moi en tant qu’athlète ainsi que la mienne envers la direction de Yamaha.  Ce n’est pas agréable, après 24 victoires de Grand Prix, d’être remercié par un fabricant de motos pour services rendus, mais ce sont les règles dures du sport et les considérations business. Finalement je pense qu’après 8 ans il était temps de changer d’environnement. Un défi que j’ai trouvé chez le fabricant italien Beta Motorcycles et l’équipe MRT Factory Racing Team. Dès mon premier test avec la Beta Factory sur le circuit privé à Viterbo, Italie, je savais que c’était la bonne moto pour moi, celle qui pourra ma permettre de remettre ma carrière sportive dans la bonne direction”.

L’équipe, le propriétaire de Beta  Motorcycles et la moto comblent un vide qu’il recherchait en 2025.

Avec les premiers résultats des courses d’avant saison en tête, Geerts participera à nouveau au Championnat du monde FIM de motocross MXGP avec de grands objectifs.